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83-84 : Lettre ouverte du Piqueux

J’ai, depuis toujours, aimé avant toute chose, les chiens, les chevaux et les animaux qui me donnent tant de plaisir depuis que je chasse à courre.

En 1972 Monsieur le marquis de Roüalle m’a confié la lourde charge de l’élevage des chiens. Nous avons analysé toutes les origines qui composaient la meute. Nous avons fait en sorte de combler quelques lacunes.

Il fallait tout d’abord trouver du sang « neuf ». Nous avons, grâce a la gentillesse de Messieurs Mierre et Jean Bocquillon, réussi à faire saillir une douzaine de chiennes pendant quatre années.

Monsieur de Monspey nous a offert une saillie d’un chien se nommant Fagotin.

Monsieur Alain de Roüalle nous a aidé à réaliser, lui aussi, ce changement de sang.

Il nous a fallu attendre six années pour « récolter les fruits » de ces croisements.

Nous avons beaucoup sélectionné à la naissance pour ne plus avoir de feux. Sur la vitesse également et sur l’homogénéité de la meute.

Depuis 1976 grâce a la confiance que m’accorde Monsieur Philippe de Roüalle, je continue ce travail à la Grand’ Mare.

Bien sûr il y a encore à faire, mais il faut avouer que nos chiens nous donnent de plus en plus de satisfaction.

À l’heure actuelle sur les 60 chiens qui composent la meute, nous en avons 30 qui sont de change.

Depuis dix ans nous n’avons pas éprouvé le besoin de supprimer un jeune chien, soit parce qu’il ne chassait pas ou qu’il était trop lent.

Malheureusement, en raison du nombre croissant des suiveurs, tant à cheval qu’en voiture, les chiens courent des risques, et chaque année nous avons deux à trois chiens blessés en cours de saison.

Les blessures occasionnées par les voitures n’ont pas été mortelles. Mais les chiens ayant reçu des coups de pieds de chevaux sont de plus en plus nombreux. Six en sont morts la saison dernière…

Vous comprendrez qu’une telle hécatombe ne peut pas continuer. Il faudrait que les cavaliers prennent conscience qu’un chien est souvent IRREMPLACABLE et qu’il est navrant d’élever des chiens pour les voir se faire tuer dès la première saison.

Lorsque les chiens nous suivent, laissons les passer en nous écartant car sans eux, pourrions-nous chasser ?

Pierre Berthier

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