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81-82 : Pierre Berthier sur la biche du chenil

UNE BELLE HISTOIRE QUI FINIT MAL

Nous sommes au mois de mai 1979 le printemps est là, la forêt est en effervescence, un technicien de I’O.N.F. fait une ronde d’inspection lorsqu’il découvre un faon, seul, couché non loin d’une route.

Il hésite puis reprend son chemin car à cette époque de l’année, la mère ne peut se trouver loin.

Le lendemain, intrigué et quelque peu inquiet, à cause de Ia proximité de la route, il revient au même endroit et constate que l’animal n’a pas bougé.

ll se rend vite compte qu’il ne peut pas se tenir debout et réalise que ce doit être une jumelle abandonnée par sa mère qui ne peut nourrir deux petits à la fois.

ll le prend et sa première idée est de le conduire chez Pierre Berthier, à la Grande Mare.

Cette idée s’avère être la bonne car le piqueur va lui prodiguer les soins Ies plus attentifs et lui donner six biberons par jour pendant deux mois au moins.

La petite biche, dès le premier jour, est adoptée par les 80 chiens qui composent Ia meute et va grandir sans jamais éprouver de crainte ni pour les hommes ni pour les chiens, devenus ses amis.

L’hiver, même pendant la saison de chasse, elle assistera aux curées, au milieu de ses compagnons, où elle circulera parmi les spectateurs, en quête de caresses ou de quelque friandise.

Le 23 mai 1980 : nouvelle découverte semblable, mais c’est un bûcheron cette fois, qui trouve une pauvre bête, à l’article de la mort, à demi-paralysée.

L’O.N.F., alerté, trouve tout naturel de conduire ce petit faon à la Grande Mare où Ie pauvre hère réussira, après bien des inquiétudes, à reprendre ses forces.

ll change bientôt, très rapidement, à tel point qu’il n’hésite pas à narguer la meute derrière le grillage du chenil.

Fanny et Bambi - ainsi ont-ils été baptisés - font bon ménage et deviennent l’attraction des enfants.

La Grande Mare se transforme en lieu de promenade pour les grands et les petits.

Il est vrai que le fait n’est pas banal. L’étonnement se lit sur les visages, et parfois la crainte le remplace, lorsque Bambi provoque les jeunes chiens pour se faire courser à « 100 à l’heure » dans le chenil !

La biche est plus sage et ne se déplace pas sans « sa cour » car elle a ses préférés et remet vite les autres en place, s’ils veulent s’imposer à son insu !

Depuis trois mois, les bois en velours de Bambi poussent. lls atteignent 20cm !

Fait rarissime à cette époque, mais qui s’explique par la nourriture très riche qu’il reçoit.

Malheur à celui qui Iaisse sa portière de voiture ouverte, il ne fait qu’une bouchée de ce qu’il trouve. S’il entre dans la maison, c’est une catastrophe, plantes, rideaux, il dévaste tout.

Mais cette histoire, trop belle pour être vraie, va s’arrêter là : la nuit du 13 au 14 mars 1981, Fanny est tuée sur le coup, à la chevrotine, par des braconniers. Elle ne sera pas retrouvée car elle a été emmenée par ses assassins.

Bambi sera, lui, retrouvé le lendemain, mort aussi malheureusement.

ll avait été blessé au postérieur gauche, car il se trouvait couché à proximité de Ia biche, mais sa blessure était superficielle.

Le vétérinaire qui l’a autopsié a certifié que sa blessure ne pouvait I’empêcher de courir et se sauver.

Mais pourquoi aurait-il fui l’homme qui était devenu son ami et qui I’avait sauvé ?

ll aura donc fallu que ses bourreaux l’exécutent de sang froid : la mort a été provoquée par un coup de gourdin sur la nuque, alors que le pauvre animal était sans doute venu à l’encontre de son meurtrier avec la confiance qu’il avait en l’homme.

Depuis cette date, la Grande Mare n’est plus tout à fait comme avant et le printemps n’est pas arrivé à balayer la tristesse, malgré les aboiements des chiens ou les chants des oiseaux.

Pierre BERTHIER.

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